André Rozay

ROZAY, André

Céramiste (1913-1991)

Le céramiste André Rozay (Foëcy, 29 septembre 1913 - La Borne, 7 septembre 1991) est une des grandes figures de La Borne. Il est l'un des premiers artistes modernes à s'y installer en 1943, la même année que Jacqueline Bouvet et Jean Lerat, et peu après Paul Beyer. Il échappe ainsi au travail obligatoire en Allemagne (STO) et vit à La Borne en clandestin. Comme eux, il est un des artisan du renouveau de la céramique moderne en France. 

Formation

Avant guerre, il suit les cours du Lycée professionnel (céramique) de Vierzon et acquiert une solide formation classique au dessin et à la peinture à l'école des Beaux Arts à Bourges et à Paris. Signe d'un talent original, il fait de nombreuses études d'animaux sur le vif, modelés en terre dans les zoos. Puis il commence a créer des modèles pour la faïencerie vierzonnaise Berlot-Mussier.

Potier, imagier, sculpteur, sculpteur animalier (il est un admirateur de Pompon), André Rozay est aussi un excellent dessinateur et un peintre doté d'une solide formation classique. Ses créations prolongent de façon originale une esthétique qui emprunte à la fois à la stylisation de l'entre deux guerres et aux arts populaires (que l'on retrouve également dans les céramiques que Paul Beyer réalisa à La Borne à partir de 1941). Après avoir travaillé aux côtés de Jean Lerat pour produire des pièces pour François Guillaume, il poursuit dans l'atelier d'Alphonse Talbot (1944) où il apprend entre autres choses, le maniement du tour à bâton. Le tournage est un élément essentiel de sa production, y compris pour le modelage. C'est une des constantes de son travail et un élément qui confère a ses créations un style reconnaissable entre tous.

Sources d'inspiration et style

Les oeuvres d'André Rozay sont ancrées dans la culture et le patrimoine locaux : personnages illustrant les gestes de la poterie et les métiers ruraux anciens, épis de faîtage, pichets anthropomorphes inspirés de la tradition bornoise, poteries utilitaires. Il a produit de nombreux sujets religieux, croix, vierges, saintes et saints, chemins de croix, bénitiers. Il est l'auteur d'un riche bestiaire rassemblant les animaux familiers de la ferme et de la forêt, et ceux des régions sauvages du globe. On lui doit également des bustes et des portraits où il exprime avec sûreté son talent de sculpteur.

Enseignement et activité éditoriale

André Rozay a été professeur de décoration à l'école des Beaux Arts de Saint Amand Monrond de 1953 à 1979. En 1977 il illustre le livre de Robert Chaton et Henri Talbot “La borne et ses potiers” en réalisant des dessins sur le thème de la poterie traditionnelle. De nombreux ouvrages d'auteurs régionaux ont été enrichis de ses dessins.

Une figure de La Borne

Acteur de la vie associative dès 1943 où il crée des séances théâtrales au profit des prisonniers de guerre, André Rozay a toujours été un des moteurs de la vie du village.  Fondateur de l'association “Les amis de La Borne”, écologiste avant la lettre, il entend préserver et mettre en valeur le patrimoine potier et rural de son village.  Il est l'un des créateurs de l’Association de sauvegarde et de protection du patrimoine potier et du site de La Borne. Avec cette association il crée en 1987 le Musée de la poterie traditionnelle dans l'ancienne chapelle du village (construite au dix neuvième siècle par les habitants de La Borne). En 1962, avec Yves Mohy, Pierre Mestre et Claudine Monchaussé, André Rozay organise la première exposition des céramistes de La Borne dans l'atelier du charron Émile Foucher. L'exposition toujours renouvelée se tiendra chaque année. Dans le prolongement de cet acte fondateur, il crée en 1971 l'association des potiers de La Borne, préfiguration de l'actuelle Association des céramistes, et du Centre de céramique contemporaine de La Borne. 

La casquette sur la tête, la cigarette au bec, “toujours jeune, toujours bourru, toujours chaleureux”, il avait fait de l'ancienne “boutique” d'Alphonse Talbot sa maison et son atelier en 1969. C'est là qu'il a rendu son dernier soupir en 1991 auprès de son épouse (qui l'assistait avec constance dans son travail et ses cuissons depuis 1963).


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