LA BORNE

Un des villages les plus visités du département

Situé sur les communes d'Henrichemont et de Morogues, dans le nord est du Cher, La Borne (250 habitants environ) est un village de potiers connu pour son importante production de pièces utilitaires traditionnelles, mais également comme lieu du renouveau de la céramique moderne depuis les années quarante. De nombreux céramistes et potiers y exercent et se distinguent par la qualité et l'originalité de leurs créations. Recevant environ cent mille personnes par an, La Borne est l'un des villages les plus visités du département. La Borne est également connue pour sa charmante “Épicerie”.

Musées et lieux de visites

Au centre du village un lieu de visite expose la céramique moderne : Le Centre de céramique contemporaine de La Borne qui s'inscrit au centre du patrimoine potier du Pays Fort (Musée Ivanoff, maison de Jean Linard, atelier et four Talbot, Musée de la poterie, fours classés à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques). Le Centre de céramique contemporaine est un lieu d'exposition permanente qui présente un panorama des créations des ateliers des cinquante membres de l’association des céramistes. Le Centre de céramique contemporaine accueille des expositions internationales de céramique depuis plus de trente ans. Cette activité de diffusion, a grandi en notoriété et inscrit La Borne parmi les lieux incontournables de la céramique française, et en fait un rendez-vous pour le grand public, les artistes et de nombreux de connaisseurs. Ce projet, fruit de nombreuses années d'effort des céramistes, résulte d'un partenariat original entre une collectivité territoriale : la Communauté de communes des Hautes terres en Haut Berry, et l'Association des céramistes de La Borne (ACLB). Au Conseil d'orientation, la Communauté de communes préside, gère et valide les projets, l'association des céramistes de La Borne détermine la partie culturelle et artistique et conçoit les projets, un délégataire de service public assure le fonctionnement.

Citons également le musée consacré à Vassil Ivanoff, qui occupe la maison et l'ancien atelier de l'artiste. Des expositions temporaires y sont également organisées.

Autre lieu de visite : le “Musée de la poterie”, situé dans l’ancienne chapelle du village. Consacré à la poterie traditionnelle de La Borne, il présente une exposition permanente de très belles pièces anciennes, utilitaires et imagières, et des expositions thématiques. Ces expositions temporaires se renouvellent chaque année. Enfin il faut savoir qu'en 1996, cinq fours à bois traditionnels ou d'intérêt historique situés à La Borne, ont été inscrits à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques.

La poterie, une activité ancestrale

Ancien lieu de poterie (un titre de 1260 mentionne le plus ancien four connu), le hameau bénéficie de la création du village d'Henrichemont. D’autres traces écrites attestent de l'activité potière à La Borne dès le XVIe siècle. Le village bénéficie d'une situation privilégiée, au milieu de la forêt et sur un important filon de grès, éléments indispensables pour la cuisson au bois et l'accès à la matière première. La production traditionnelle se compose de pièces utilitaires en grès qui répondent aux besoins de la vie et des productions rurales. Vient s'y ajouter une création d'imagerie populaire très recherchés par les collectionneurs d”aujourd’hui.

Des noms devenus fameux illustrent l'activité des familles (voire des dynasties) de potiers de La Borne : Talbot, Bedu, Bernon, Foucher - sans oublier Marie Talbot pour sa production imagière. Des siècles de travail et de transmission du savoir-faire confèrent une beauté quasi parfaite aux objets de la production traditionnelle de La Borne.

Déclin de la poterie artisanale, renouveau de l'art céramique et de la poterie moderne.

À cette période heureuse, qui verra le grès bornois diffusé sur le territoire français et à l'étranger pendant plusieurs siècles succédera une période de déclin. Dans la première moitié du vingtième siècle l'usage du grès, lourd et parfois fragile, sera remplacé par celui du zinc et de matériaux plus légers et plus durables. La guerre de 1914/18 n'épargne pas les potiers, manœuvres et travailleurs du bois, les effectifs ont réduit, autre raison du déclin. En 1896 on comptait 91 potiers, en 1914 14 fours étaient en activité, mais il n'en restait que 4 en 1950.

La plupart des céramistes de grès qui renouvelleront la création dans la deuxième partie du XXe siècle vont passer par La Borne. Successivement des sculpteurs, potiers et céramistes viendront s’installer dès les années 1940. Le premier est Jean Lerat, puis Paul Beyer, Jacqueline Bouvet (future Jacqueline Lerat), André Rozay, Vassil Ivanoff, Pierre Mestre, Elisabeth Joulia, puis Yves et Monique Mohy, Jean Linard, Claudine Monchaussé. La Borne attire des céramistes de plus en plus nombreux, parmi eux des potières étrangères : Anne Kjaersgaard (Danemark), Gwyn Hansen (Australie), Janet Stedman (Grande-Bretagne)…

Au cours des années soixante, Pierre Digan et Janet Stedman créent une entreprise de poteries où travaillent d’excellents tourneurs. Après la fermeture de l’entreprise plusieurs s’établiront dans le village. Des élèves de l’atelier de céramique de l’école des Beaux-Arts de Bourges s’installent également à La Borne et dans les alentours : Rémi Bonhert, Hildegund Schlichenmaier. Potiers influencés par l’esthétique anglaise dans la suite de Bernard Leach ou sculpteurs céramistes sortis des Beaux-Arts, leur création est vivante et évolue avec les influences étrangères, les voyages au Japon, et l’introduction des fours à bois orientaux couchés à une ou plusieurs chambres.

Les passionnés de cuisson au bois se retrouvent à La Borne autour des grands fours, lors d’événements comme les symposiums en 1977 et 1978 ou des cuissons collectives et festives de “La Borne en feu” en 1990, “La Borne s'enflamme” en 2007 et les onzièmes Rencontres internationales de 2010 “L'amour du feu”. La Borne attire. La terre, le bois, les ateliers, les fours abondent et les céramistes accueillent leurs collègues de toutes les nationalités qui souhaitent s’installer, rester un temps ou pour toujours. Mais ce sont plus de quatre-vingt céramistes qu’il faudrait citer…

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