BOÏENS (Le peuple des)

Origines

Carte de la migration des Boiens

Dans les Commentarii de Bello Gallico, Jules César mentionne à plusieurs reprises le petit peuple des Boïens, fixés après la conquête romaine, entre les Eduens et les Bituriges autour de l'oppidum de Gorgobina. César estime à l'époque leur nombre à 14000. Il signale leur « pauvreté » et reconnaît « leur vaillance ». Mais la localisation de Gorgobina reste incertaine : pour certains, il s'agit de la Guerche, pour d'autres de Sancerre

Les Boïens sont un peuple originaire de la Pannonie hongroise. Comme tous les peuples de la région, ils sont victimes des troubles qui agitent l'Europe septentrionale et centrale et descendent vers le sud. Cette migration généralisée bouscule de proche en proche toutes les populations de l'actuelle Europe, provoquant finalement, en Gaule, l'agitation qui déclencha l'intervention de César.

La guerre des Gaules

Les Boïens participent avec les autres peuples de la Gaule à la défense de l'indépendance gauloise et à la lutte contre César. Alliés dans un premier temps aux Helvètes, les Boïens sont battus avec eux en 58 près de Bibracte à Montmort. « Fixés » alors par César en territoire héduen et placés sous l'autorité de ceux-ci, ils perdent leur indépendance. Mais leur fidélité à leurs nouveaux maîtres, dont ils suivent totalement la politique, adoucit rapidement leur sort qui, sans revenir à l'indépendance totale, se rapproche d'une assez large autonomie.

Les Boïens ne se distinguent pas finalement des autres gallo-romains dont ils adoptent les coutumes et les modes de vie. On note toutefois leur participation sous l'Empire à une tentative de révolte.

Localisation

Mais l'imprécision de leur implantation, trop vaguement définie par César, pousse de nombreux érudits à « rêver » d'une « origine boïenne ». La bataille la Guerche/Sancerre pour se revendiquer capitale des Boïens n'est toujours pas terminée : les arguments de part et d'autre (origine du nom de lieu, situation géographique privilégiée etc…) sont faibles, contestables et ne reposent sur aucun fondement archéologique définitif.

Quelques hypothèses

A Allean près de Baugy, on a des traces d'un ancien camp romain.

Plan du castrum d'Allean

Plan du castrum d'Allean (in Buhot de Kerses - op cité) Au sud, un immense talus de 15m de large sur 6 à 7m de hauteur avec un mince agger (A,B) faisant au sommet saillie de 0,80cm environ.

(C,E): épaulement régulier de 275m.

D: porte, coupant cet épaulement.

(F,G): dépression de terrain d'une trentaine de mètres de large, ancien fossé aplani par la culture. L'aire du camp est d'environ 4 hectares.

Ce camp ne serait-il pas un «castrum stativum établi par les Romains aux premiers temps de l'occupation qui pourrait avoir contenu cette douzième légion, placée par César chez les Bituriges aux frontières des Eduens»  ?(Buhot de Kersers, Statistique Monumentale du Cher). Ce camp ayant par la suite donné naissance à un habitat définitif comme en témoignent les nombreuses stèles funéraires romaines (IIIème siècle après J.C.) de Tombelles et conservées pour la plupart au Musée du Berry.

Enfin, le rare et somptueux tombeau gallo-romain (environ 20 après J.C.) de Fontillet (commune de Berry-Bouy) près de Bourges - ne serait-il pas celui d'un prince Boïen, Bouy signifiant étymologiquement « territoire du Boïen »? (source: La tombe augustéenne de Fléré-la-Rivière (Indre) et les sépultures aristocratiques de la cité des Bituriges, Saint Marcel 1993, Ferdière Alain et Villard Anne)

Matériel de la tombe de Fontillet

Matériel de la tombe de Fontillet (vaisselle et armes) conservé et exposé au Musée du Berry à Bourges. La vaisselle est en bronze avec incrustation de pierres précieuses sur l'anse de la cruche. Il s'agit d'une vaisselle servant aux libations profanes ou sacrées. Les armes (épée et umbo) sont particulièrement remarquables car très rarement présentes dans les tombes romaines.


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